Il est impératif de remplacer rapidement le glyphosate et d'autres produits chimiques comme les insecticides et herbicides par des solutions reposant sur des mécanismes naturels. Ce passage vers le biocontrôle pourrait marquer un tournant crucial dans la protection de nos végétaux.
Comprendre le biocontrôle
Les lobbys agricoles ont empêché l'inscription d'une interdiction du glyphosate dans la législation, malgré la classification de l'OMS considérant ce produit comme "cancérogène probable pour l'homme". Pour respecter son engagement d'élimination, le Président Macron a déclaré que cela se ferait "dès que des alternatives auront été trouvées". En réponse, l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) à Antibes concentre ses efforts sur des méthodes alternatives pour combattre les parasites et ravageurs. Avec l'interdiction des néonicotinoïdes depuis septembre 2018, la recherche sur le biocontrôle se renforce.
Un exemple emblématique de biocontrôle peut être observé avec le rosier attaqué par des pucerons ; l'introduction de coccinelles, qui se nourrissent de ces parasites, offre une solution naturelle efficace. Cette approche, testée et optimisée, cherche à identifier des prédateurs naturels ou d'autres agents de lutte, notamment des champignons ou des phéromones, pour chaque type de nuisible.
Les défis et perspectives du biocontrôle
La mise en avant de la lutte biologique s'avère essentielle pour garantir la santé humaine, la qualité de nos sols et la biodiversité. Toutefois, les méthodes actuelles utilisées par les agriculteurs bio ne suffisent pas. Il est essentiel que les solutions de biocontrôle soient à la fois faciles d'utilisation et efficaces à grande échelle pour séduire les agriculteurs conventionnels. Les chercheurs s'attachent à développer ces solutions, mais leur validation nécessite du temps.
À mesure que la circulation des produits et des êtres devient plus fluide, les nuisibles comme le frelon asiatique se répandent rapidement. Ces ennemis ne viennent souvent pas avec leurs prédateurs naturels, d'où la nécessité de les acclimater à l'écosystème européen, une tâche qui prend du temps. Les nouvelles techniques de biocontrôle doivent être testées en conditions réelles, un processus qui peut parfois aboutir à des échecs. Seules les approches réussies seront publiées et pourront par la suite être industrialisées.
Malgré une demande croissante, la lutte biologique ne représente aujourd'hui que 5 % du marché des insecticides. Parmi les solutions reconnues, la bactérie Bacillus thuringiensis se distingue pour son efficacité contre certaines larves. Des projets novateurs sont également en cours, utilisant des micro-guêpes pour contrer des ravageurs comme le carpocapse, ou en explorant l'application de couches protectrices pour remplacer les néonicotinoïdes. L'avenir du biocontrôle s'annonce prometteur et mérite d'être suivi attentivement.







