Le moucheron asiatique, plus connu sous le nom de drosophile du cerisier (Drosophila suzukii), est un redoutable ravageur des cerisiers. Introduit en France en 2009, il affecte également d'autres petits fruits tels que les raisins, prunes, fraises et framboises.
Identité de la drosophile du cerisier
Appartenant à l'ordre des diptères, cette petite mouche mesure entre 2 et 3 mm. Avec son corps ocre à brun clair et ses rayures noires transversales, elle se distingue par de gros yeux rouges et des antennes plumeuses. Un détail notable : le mâle arbore une tache noire sur ses ailes, et il est plus petit que la femelle.
Contrairement à d'autres mouches, la drosophile du cerisier s'attaque uniquement aux fruits parfaitement mûrs. Son ovipositeur lui permet d'insérer des centaines d'œufs à l'intérieur des cerises, où les larves blanches à tête noires se développent. Son rythme de reproduction est alarmant, avec jusqu'à 300 pontes hebdomadaires.
Originaire d'Asie du Sud-Est, la drosophile a envahi les États-Unis dans les années 1980 avant de traverser l'Atlantique et de gagner divers pays européens, dont la France. Aujourd'hui, elle prolifère dangereusement dans plusieurs régions, notamment en Alsace et le long du couloir rhodanien.
Les défis de la lutte contre la drosophile
Sur le terrain, la lutte contre cette mouche s'avère complexe, car elle ne possède pas de prédateurs naturels dans nos régions. À l'inverse, la mouche de la cerise (Rhagoletis cerasi) bénéficie de la présence de prédateurs locaux, limitant sa prolifération.
Des insecticides puissants, tels que le diméthoate, ont été utilisés par le passé, mais leur interdiction en France, due à des résidus inacceptables, a laissé la filière arboricole face à d'autres défis.
Stratégies alternatives de lutte
Pour éviter l'usage de produits chimiques, les arboriculteurs bio recommandent différentes techniques préventives. La drosophile du cerisier se développe moins dans des conditions chaudes (au-delà de 30°C) et venteuses. Il est donc conseillé de faucher les couverts végétaux pour réduire l'humidité.
Les filets de protection à mailles fines sont devenus une méthode de lutte efficace, bien qu'ils soient coûteux. Il est crucial de bien aérer ces filets pour éviter des maladies cryptogamiques sur les arbres.
Des recherches sont en cours pour identifier des ennemis naturels, tels que certaines micro-guêpes, ou développer des techniques innovantes comme l'insecte stérile. En attendant, opter pour des variétés précoces de cerises permettra une récolte avant l'arrivée de ce ravageur.
(crédit photo : Martin Cooper from Ipswich, UK — Spotted-wing Drosophila (Drosophila suzukii) male - CC BY 2.0)







