Vice-présidente de l'association Old'Up, dédiée aux retraités "plus si jeunes, mais pas si vieux!", Martine Gruère partage, dans sa chronique mensuelle, ses réflexions et ses défis pour déconstruire les préjugés âgistes qui persistent dans notre société.
Dans les années 90, Edith Théodose, directrice d'une association en Seine-et-Marne, m'a sollicité pour discuter de l'affiliation de sa structure au réseau des Écoles des Parents et des Éducateurs. Son travail auprès des jeunes en difficulté l'avait amenée à créer un espace d'accueil et de formation dans une belle ferme rénovée.
Cette ancienne ferme a été métamorphosée pour offrir un cadre propice à la reconstruction des jeunes en rupture avec leur environnement. Grâce à une équipe passionnée et à une organisation rigoureuse, chaque détail était pensé pour favoriser l'épanouissement. Les lieux, la qualité des repas, et l'expertise des intervenants contribuaient à créer un environnement chaleureux et structuré.
Les résultats étaient visibles : de nombreux jeunes, après avoir passé un à deux ans dans cette structure, ont pu s'engager sur le chemin d'une vie plus équilibrée et conforme à leurs aspirations. C'est à travers ces expériences que j'ai réalisé l'importance d'avoir trois « pieds » pour maintenir son équilibre.
Les trois éléments essentiels
Pour vivre sereinement, je crois qu'il est crucial d'avoir :
- Une vie affective et sociale épanouissante.
- Une intégration professionnelle ou sociale par le biais d’un emploi, d’une formation ou d'un engagement bénévole.
- Un troisième « pied » : il peut s'agir d'une passion, d'une foi, ou même d'une pratique artistique ou sportive, comme la nature ou la lecture.
Edith a observé que la perte de l'un de ces éléments fragilisait l'équilibre de ces jeunes, augmentant ainsi le risque de chutes émotionnelles et psychologiques. Cette révélation m'a poussé à réfléchir sur l'importance de l'équilibre dans ma propre vie.
Le défi de l'équilibre
Dans notre société moderne, il est facile de se laisser submerger par le travail et les obligations multiples, souvent au détriment des autres « pieds ». Combien de personnes vivent dans la solitude dans un monde qui valorise la productivité et l'activité frénétique ? Changer de vie peut sembler ardue, mais pourquoi ne pas envisager d'ancrer trois pieds pour solidifier notre équilibre ?
*Ces jeunes qui galèrent, Edith Théodose, Éditions de l'Atelier, 1992.







