La retraite complémentaire constitue une part prépondérante de la pension des cadres, dépassant souvent la moitié de celle-ci. Depuis le 1er janvier 2019, la fusion des régimes Agirc et Arrco soulève des interrogations : cette union pourra-t-elle défavoriser les cadres ? Nous avons interrogé François-Xavier Selleret, directeur général de ces institutions.
Les raisons derrière la fusion
François-Xavier Selleret souligne que la fusion vise principalement à renforcer la stabilité financière des régimes Agirc et Arrco, qui se trouvent en proie à des déficits croissants. Ce rapprochement vise à assurer un versement des retraites dans les meilleures conditions possibles, en évitant l'endettement ou d'éventuelles répercussions sur les retraités actuels. La fusion a été adoptée par les partenaires sociaux pour garantir une meilleure sécurité financière et faciliter la gestion des normes de retraite.
Un système de points unifié
Au nouvel an 2019, un système de compte unique de points a été instauré pour tous les salariés, qu'ils soient cadres ou non. La conversion des points Agirc en points Agirc-Arrco se fait de manière équitable, assurant ainsi la préservation des droits des cadres. Les relevés de situation bénéficieront d'un double affichage, facilitant la compréhension pour les usagers. De plus, une calculette de conversion sera accessible sur le site web dédié.
Évolutions de cotisations et d'avantages
Les cotisations de retraite complémentaire subiront un bouleversement en 2019. Elles seront désormais réparties en deux tranches pour tous les salariés, conduisant à une reconfiguration notoire des contributions entre cadres et non-cadres. La prise en charge des cotisations sera désormais effectuée à 60 % par l'employeur et à 40 % par le salarié. En ce qui concerne les majorations familiales, un bon point pour les cadres : le plafond d'augmentation lié à la prise en charge d'enfants passera de 1 000 € à 2 000 € par an.
Les pensions de réversion peuvent également être perçues dès lors que les bénéficiaires atteignent 55 ans, un avancement salutaire pour les héritiers de cadres. Enfin, il est à noter que les retraités actuels ne subiront aucun changement à la suite de cette fusion.







