Un changement important pourrait frapper les retraites complémentaires dès cet automne. Le malus de 10 % appliqué sur les retraites Agirc-Arrco pour toute personne partant à l'âge légal pourrait être abrogé à partir du 1er novembre 2023. Ce malus, instauré pour inciter les travailleurs à prolonger leur carrière, pourrait déjà s'avérer désuet avec les récentes réformes en matière de retraite.
Les représentants des partenaires sociaux, qui gèrent l'Agirc-Arrco, se réunissent depuis le 5 septembre pour discuter de l'avenir de ce malus, en vue de la mise en place des règles pour l'année prochaine. Les débats autour de cette mesure controversée sont particulièrement attendus.
Malus sur les retraites complémentaires : une vue d'ensemble
Le malus de 10 % est une décote temporaire en vigueur depuis 2019, qui s'applique pour trois ans à tout assuré qui prend sa retraite à taux plein à l'âge légal. Cependant, cette mesure a souvent été critiquée : un travailleur peut annuler cette décote en continuant à travailler une année supplémentaire, et même obtenir un bonus en cas de deux années supplémentaires de travail. L'instauration de cette mesure visait à améliorer la santé financière du régime complémentaire, alors en difficulté.
Pourquoi la disparition du malus est envisageable
La situation financière de l'Agirc-Arrco s'est notablement améliorée, avec un excédent s'élevant à 68 milliards d'euros fin 2022. L'augmentation de l'âge de départ à la retraite et la prolongation de la durée de cotisation rendent le malus de 10 % de moins en moins pertinent. Les organisations syndicales et patronales semblent s'accorder sur le fait que cette pénalité ne devrait pas s'appliquer aux nouveaux retraités, comme le souligne Le Parisien.
Un rapport de la DREESS révèle en effet que, parmi les nouveaux retraités en 2020, seulement 9 % ont choisi de retarder leur départ pour éviter le malus, tandis que 55 % ont liquidé leur retraite à taux plein, se retrouvant avec une décote.
Malus et revalorisation des retraites : des décisions cruciales à venir
Pour ceux qui ont pris leur retraite depuis le 1er septembre sous la nouvelle réforme, la suppression du malus devrait être rétroactive, permettant une réattribution des sommes perdues sur leur pension complémentaire. Cependant, les doutes demeurent sur l'application de cette mesure pour les actuels retraités impactés par le malus.
Les discussions en cours portent également sur la future revalorisation des retraites complémentaires, dont le montant devrait être fixé d'ici au 1er novembre. Ce sujet, tout aussi crucial, sera dicté par l’inflation et l’évolution des salaires moyens.







