Six années se sont écoulées depuis que Léa a dénoncé les abus d'un voisin, et sa famille reste dans la tourmente. Maintenant âgée de 17 ans, elle habite toujours dans le même village que son agresseur présumé. Le 9 juin, après un témoignage poignant, le parquet de Carcassonne a finalement décidé d'agir.
En 2020, la famille de Léa a porté plainte pour attouchement, puis pour viol, une démarche qui n’a mené qu’à l’angoisse et à l’attente. Chaque jour, Léa croise celui qu'elle accuse. "Je ne peux même pas sortir sans le croiser. Qu'il soit tranquille, ça me dégoûte," confie-t-elle. Sa mère, quant à elle, s’interroge sur l'absence d'action judiciaire : "Il se dit que personne ne lui dira rien. Cela fait six ans et il est encore là, libre. Est-ce qu’il faut qu’un autre drame arrive pour que la justice réagisse ?"
Une instruction qui n’avance pas
Le dossier judiciaire contient des preuves telles que des examens gynécologiques et l’identification de l’agresseur. Pourtant, après l’audition de l’homme, le dossier semble stagner. L’inquiétude grandit pour la famille : "Nous avons les éléments, pourquoi est-il encore en liberté ? C’est insoutenable," clame la mère de Léa.
Contacté par nos soins, le parquet de Carcassonne a choisi de ne pas donner suite. L’avocate de la famille, Me Aude Denarnaud, dénonce un manque de ressources dans le système judiciaire : "J'exige à présent que la situation évolue, que des actions concrètes soient mises en place pour que Léa soit reconnue comme victime. Le temps ne joue pas en notre faveur, et d’autres victimes pourraient également se révéler," explique-t-elle.
Le 9 juin, suite à la médiatisation de cette affaire, la procureure a annoncé le lancement d’une enquête formelle pour viol et agression sexuelle sur mineur. Une lueur d'espoir, mais la bataille pour la justice est encore loin d'être gagnée.







