Le film « Noémie dit oui » sera déconseillé aux très jeunes spectateurs en raison de ses scènes explicites. Ces séquences difficiles à visionner reflètent une réalité troublante qui a particulièrement touché Staycie Rimasson, une étudiante de l'Ades de Marmande. « Cette fiction dépeint les mécanismes d'emprise tout en ressemblant tristement à la réalité », confie-t-elle. Avec ses camarades Zoé Rivierre, Olivia Urty et Satine Lamaison, elles ont travaillé sur ce sujet sensible depuis septembre 2026.
Gautier Fabbro, directeur du cinéma le Plaza, explique : « C’est un sujet dont Val de Garonne Agglomération s’est emparé. On pense être à l'abri dans un territoire rural, mais la problématique existe bel et bien. » Les étudiantes ont alors été invitées à organiser une soirée pour sensibiliser le public. Satine Lamaison ajoute : « C'est un fléau difficile à cerner, surtout lié aux réseaux sociaux où des mineurs offrent, par exemple, des photos de leurs pieds en échange d'argent. »
Sujet tabou
Pour leur enquête, les étudiantes ont recueilli le témoignage poignant d'une ancienne victime, aujourd'hui majeure. Ce récit leur a servi d'inspiration pour écrire un court-métrage, également projeté durant la soirée. Un fait marquant émerge de leur recherche : la difficulté d'accompagner les victimes mineures face à leurs potentiels bourreaux. Staycie constate : « Nous manquons d’outils pour les assister efficacement », une préoccupation partagée par d'autres jeunes en formation dans la protection de l'enfance.
“Sur TikTok, les prédateurs attirent des mineurs vulnérables avec des promesses de luxe”
Les jeunes femmes alertent sur le danger que représentent certains utilisateurs des réseaux sociaux. « Des proxénètes utilisent des plateformes comme TikTok pour séduire des jeunes avec des promesses effrayantes », déclare Satine. Les prédateurs ne s'arrêtent pas là et déploient leurs activités sur Snapchat et Instagram, créant ainsi un environnement propice à l'exploitation.
Dans une discussion enrichissante, Nicolas Ambal, directeur du service de prévention spécialisée de La Sauvegarde, a corroboré ces faits, indiquant que des zones comme Marmande et Agen sont touchées par la traite d'êtres humains, un mal répandu dans toutes les localités desservies par le train.
Le jeudi 11 juin, à 18h30, au cinéma le Plaza : projection du court-métrage suivie de celle du film « Noémie dit oui ». Emmanuelle Regis, coordonnatrice de l’association Le Cri, participera à un échange avec les spectateurs après la projection. Tarif : 4,80 euros.







