« La justice n’a pas rempli son rôle, je peine à comprendre pourquoi ce délai insupportable », a affirmé lors d'une conférence de presse à Toulouse, accompagnée de son avocat, une mère dont l’enfant de 11 ans a porté plainte en août 2025 pour viol sur mineur dans le cadre de l'affaire Lyhanna. Incendiaire, elle a dénoncé ce mardi l'inaction des enquêteurs et l'inaudibilité de la justice concernant le traitement de sa plainte, restée à ce jour sans aucune convocation pour le principal suspect.
« Chaque lundi matin, pendant que ma fille se rendait chez son thérapeute, j'écumais la gendarmerie. Lors de mon dernier appel, ils m'ont menacée de porter plainte pour harcèlement. Est-ce là une réponse appropriée ? », a ajouté Audrey (prénom d'emprunt), récemment installée près de Toulouse après avoir quitté le Gers. « Si je n'avais pas déménagé, cela aurait pu être ma fille », a-t-elle poursuivi.
Plusieurs plaintes pour faute lourde contre l'Etat
Ce même jour, son avocat, Pierre Debuisson, a annoncé le dépôt de plusieurs plaintes pour « faute lourde contre l’État », désignant également les enquêteurs de la gendarmerie, le procureur de Toulouse, ainsi que la procureure d’Auch. L’accusation repose sur « mise en danger de la vie d’autrui et non-assistance à personne en danger ».
Tout en rendant hommage aux « magistrats dévoués » et aux « enquêteurs compétents », la majorité, selon lui, l’avocat toulousain a attaqué les quelques « magistrats paresseux » qui ne contribuent pas à la digne résolution de cette tragédie humaine. Au cours de la conférence, Me Debuisson a critiqué « l’hypocrisie » et les discours politiques qui semblent vouloir à tout prix sauver l’apparence.
Cependant, la plainte qu’Audrey a déposée le 22 août en Haute-Garonne a été suivie d’enquêtes ordonnées par le parquet de Toulouse : auditions de l’enfant et de sa mère, ainsi qu’un examen médical révèlent des lésions compatibles avec des abus sexuels, selon le rapport de Me Debuisson. Le dossier a ensuite été transféré au parquet d’Auch, étant donné que les faits se seraient produits dans le Gers. La procureure a bien mentionné avoir prescrit des actes d’enquête, sans toutefois indiquer s’ils ont été exécutés.







