Plus de 500.000 élèves de première générale et technologique affrontent cette semaine une étape inédite : l'épreuve anticipée de mathématiques. Prévue sans calculatrice, celle-ci a un impact direct sur Parcoursup.
"Cette année, l'introduction de l'épreuve anticipée de mathématiques représente un tournant décisif" a déclaré le ministre de l'Éducation, Édouard Geffray, lors d'une récente conférence de presse.
Ce test fait suite à une initiative nommée "choc des savoirs", lancée par l'ancien ministre Gabriel Attal à la fin de l'année 2023. Son objectif, mis en lumière par ses successeurs Anne Genetet et Elisabeth Borne, résulte des résultats préoccupants de l'étude internationale Pisa, qui a révélé une chute "historique" du niveau des élèves français en mathématiques entre 2018 et 2022.
Ce vendredi, les 385.000 élèves de la filière générale, ainsi que les 145.000 de la filière technologique, passeront une épreuve notée sur 20 points. Elle comportera un questionnaire à choix multiples et plusieurs exercices indépendants, le tout avec un coefficient de 2.
Les candidats se verront attribuer trois sujets différents, en fonction des spécialités choisies : spécialité mathématique pour la voie générale, mathématiques intégrées pour ceux sans spécialité, et mathématiques du tronc commun pour la voie technologique.
Cette épreuve est conçue pour "revaloriser" l'importance des mathématiques au lycée, conformément aux intentions du gouvernement. La réforme de Jean-Michel Blanquer, qui avait fait disparaître les mathématiques du tronc commun entre 2019 et 2023, avait suscité des inquiétudes au sein de la communauté éducative, et même auprès de personnalités politiques comme Emmanuel Macron. Depuis 2023, les élèves de première suivent au moins 1H30 de maths par semaine.
Les élèves qui optent pour une spécialité mathématiques en terminale devront également passer une épreuve finale dans cette discipline l'année suivante. La note obtenue sera intégrée dans Parcoursup, permettant ainsi aux élèves de mettre en avant leur niveau académique depuis cette nouvelle épreuve.
"C'est un renforcement de la sélection. Le ministère cherche à évaluer le niveau des élèves en fin de première pour Parcoursup, et ce n'est pas nécessairement en faveur des apprentissages", déclare Pierre Priouret, professeur à Toulouse et responsable du groupe maths au Snes-FSU.
Du côté du sud-ouest, certains élèves ont choisi d'écrire leur épreuve de maths en basque, alors que cette option ne sera disponible qu'à partir de la session 2028, comme l'a souligné Édouard Geffray.
Jeudi, ils se plieront d'abord à l'épreuve de français, suivie d'un oral prévu pour le 22 juin. Les correcteurs seront plus vigilants cette année sur le niveau de langue, insistant sur l'importance de l'orthographe.
Les épreuves de maths et de français représentent collectivement 60% de la note finale du bac, les 40% restants étant attribués au contrôle continu sur deux ans. Les élèves de terminale, quant à eux, débuteront leur série d'écrits avec l'épreuve de philosophie, suivie des épreuves de spécialité du 16 au 18 juin et du grand oral entre le 22 juin et le 1er juillet.







