Un clocher effondré, une croix renversée, un millier de pigeons perchés sur le toit et des infiltrations d'eau... L'église Sainte-Hilaire d'Agen est un symbole de patrimoine en détresse. Les travaux de reconstruction, initiés après les dégâts causés par la tempête Niels en février, témoignent d'un besoin urgent de protection pour cet édifice délicat.
La tempête a causé des dommages significatifs, y compris la chute de la croix au sommet du clocher, un événement qui a révélé la fragilité de la pierre utilisée au XIXe siècle. Philippe Gonzales, délégué territorial pour l’Agglomération d’Agen de la Fondation du Patrimoine de Lot-et-Garonne, a déclaré : "La chute de la croix rappelle la vulnérabilité de l’église. La tempête a aggrégé d'anciennes dégradations à un édifice déjà affaibli."
Une urgence à 150 000 euros
Les coûts de la reconstruction, estimés à 150 000 euros, sont couverts par les assurances. Anaïs Bergé, responsable du service bâtiment de la ville, explique qu'une partie de ces fonds servira à reconstruire la flèche, brisée en plusieurs morceaux, et à restaurer la croix. Les travaux devraient s’achever cet été. "Ce n'est qu'une première étape pour ce bâtiment inscrit au titre des monuments historiques depuis 1947," précise-t-elle.
Avec le diagnostic de 2023, il est devenu évident qu'une seconde phase de travaux s'impose dans les années à venir. En effet, les voûtes des bas-côtés subissent de nombreuses infiltrations d'eau. La tempête a exacerbé une dégradation déjà présente, un sujet d'inquiétude pour les architectes et les historiens de la ville.
La menace des pigeons
Un des plus grands défis, selon Gonzales, est la colonie de pigeons, qui s'est considérablement développée, avec environ un millier d'oiseaux établis sur les lieux. "Les fientes de ces oiseaux favorisent l'accumulation de mousse, bloquant ainsi l'évacuation des eaux pluviales," constate-t-il. "Il est essentiel d'enrayer ce problème, mais il faut plus que les dix cages mises en place par la ville pour y parvenir."
"Agen est dotée d’un précieux patrimoine monumental, dont cinq églises. Après la restauration récente du Sacré-Cœur et les travaux en cours au musée des Jacobins, il est temps de se pencher sur Sainte-Hilaire," conclut Gonzales, soulignant l'importance de mobiliser la communauté pour la sauvegarde de cet édifice irremplaçable.







