Lors des chaleurs estivales, la tentation de se baigner dans le gave de Pau est forte. Cependant, ce cours d'eau est fortement déconseillé pour les baigneurs. Les noyades y sont fréquentes et la qualité de l'eau représente un autre risque important.
Récemment, un incident tragique a rappelé la dangerosité de cette rivière : un homme de 47 ans a disparu dans le gave près de Lourdes, emporté par un courant puissant. Malheureusement, ses recherches n'ont pas abouti. Les conditions actuelles, marquées par des débits élevés dus à la fonte des neiges, rendent la baignade encore plus périlleuse. Au niveau du pont Saint-Michel, par exemple, le débit atteint plus de 70 mètres cubes par seconde, et le niveau de l'eau peut varier considérablement entre le jour et la nuit.
Des courants, des contre-courants, des zones d’aspiration
Henri Pellizzaro, directeur du syndicat mixte du bassin du gave de Pau, met en lumière les spécificités de ce cours d'eau : "Il conserve toutes les caractéristiques d’un torrent de montagne, avec un lit très irrégulier, des roches multiples et des courants dangereux.", explique-t-il. Cette géographie rend la baignade très risquée et justifie les interdictions en place, tant pour des raisons de sécurité que de santé publique.
Pellizzaro souligne également que les communes riveraines ne peuvent garantir une surveillance adéquate des baigneurs, ni assurer une qualité de l’eau satisfaisante. Les sites de baignade en France doivent respecter des normes de sécurité qui incluent la présence de maîtres nageurs, ainsi que des contrôles de la qualité de l'eau pour prévenir des contaminations. Dans le cas du gave de Pau, les analyses microbiologiques montrent souvent que l'eau ne respecte pas ces standards, rendant la baignade particulièrement dangereuse.
Une interdiction peu visible
Bien que certaines communes aient installé des panneaux d'avertissement le long des berges, cette interdiction n'est pas toujours clairement signifiée à tous les points d'accès au cours d'eau. Pellizzaro affirme : "Le gave s'étend sur 110 km dans les Pyrénées-Atlantiques. Installer des panneaux sur toute cette distance serait une tâche ardue, voire impossible. Nous comptons donc sur les médias pour sensibiliser le public, surtout lors des périodes de forte chaleur."
Il est vital pour la sécurité des citoyens de respecter ces interdictions et de s'orienter vers des activités nautiques réglementées, comme le rafting ou le canoë, où des règles de sécurité spécifiques sont en place.







