La quête d'une production locale de médicaments s'intensifie avec les initiatives du groupe pharmaceutique UPSA, basé dans le Lot-et-Garonne. Cette entreprise prévoit de garantir que tout le paracétamol conditionné soit produit à partir de principes actifs français dès janvier 2027, une annonce faite par Laure Lechertier, directrice des affaires internes et développement durable chez UPSA.
Actuellement, la moitié des composants proviennent déjà de France, mais l’entreprise planifie d’investir progressivement pour atteindre la totale souveraineté sur la production. Selon Ronan Cocaud, directeur des opérations industrielles, quatre-vingts pour cent des ingrédients proviennent déjà de métropoles françaises, facilitant cette transition.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts gouvernementaux pour la relocalisation des médicaments essentiels. Le ministre de la Santé a récemment encouragé les laboratoires à rétablir des chaînes d'approvisionnement locales dans l’objectif d’une meilleure sécurité sanitaire. Le défi reste le coût : produire localement est souvent deux à trois fois plus onéreux qu'à l'international. UPSA propose d’ajuster légèrement les prix, espérant que cela permettra d'équilibrer les coûts de production locaux tout en maintenant une qualité de service.
Des investissements significatifs pour la relocalisation
En plus de la relocalisation du paracétamol, UPSA annonce la réintroduction de la production de médicaments antiépileptiques tels que la Prégabaline et la Gabapentine, qui ne sont plus produits en France depuis 2018. Un investissement de 14 millions d'euros a été consenti pour ces nouveaux projets, permettant une commercialisation prévue pour janvier 2027.
La direction se montre optimiste : "Ces molécules complètent notre portefeuille orienté vers les traitements de la douleur, mais elles sont également cruciales pour renforcer notre autonomie en matière de santé publique", déclare Laure Lechertier.
Une empreinte mondiale tout en restant locale
Avec un chiffre d'affaires de 511 millions d'euros et une présence dans 60 pays, UPSA ne fait pas que s'ancrer localement; elle agit également en tant qu’acteur majeur sur le marché international. En attendant la montée en puissance de sa production 100 % française, l'entreprise continue d'exporter plus de 50 % de ses volumes. Son usine du Passage d’Agen indique sa capacité à produire quatre tonnes de poudre granulée toutes les six heures, représentant près de 3,5 millions de comprimés.
Face aux défis du marché, notamment ceux liés aux coûts de production et à la compétition avec des acteurs étrangers, UPSA reste confiante quant à son approche innovante en matière de relocalisation. Avec le soutien du gouvernement français, ils espèrent créer un écosystème favorisant la santé durable et locale.







