Depuis 2017, un ambitieux projet de territoire est en cours pour la gestion de la ressource en eau dans la vallée du Tescou, au cœur du Tarn. Le collectif Testet, créé en 2012 avec l’objectif de préserver cette zone humide, a récemment publié une revue d'anticipation qui sera présentée le 24 mai lors de la foire Biocybèle à Graulhet. Cette revue projette une vision pour la vallée d'ici 2040, en privilégiant une agriculture diversifiée et génératrice d'emplois.
Préserver la zone humide et apporter de l'eau en complément
La mort tragique de Rémi Fraisse en 2014, lors d’une manifestation contre le barrage de Sivens, a conduit à l'abandon du projet initial de barrage. Alexandre Lesbats, membre du collectif, rappelle que ce projet agro-industriel est en contradiction avec un modèle agricole respectueux du territoire. Actuellement, le projet de territoire avance de manière collaborative, avec des réunions régulières.
« Les besoins en eau sont désormais évalués à 480 000 mètres cubes », explique Christian Pince de l’association L'Isle Environnement. Ces besoins se répartissent entre 340 000 m³ pour l'agriculture et 140 000 m³ pour réalimenter le Tescou en périodes de sécheresse. Ce diagnostic a été intégré au projet.
Une phase décisive se dessine : l'étude pour les ouvrages hydrauliques. Christian Pince insiste sur l'importance de trouver des solutions durables et locales, en proposant la création d'un petit lac en aval de la zone humide pour préserver cet écosystème tout en répondant aux besoins hydriques.
Valoriser les retenues d'eau existantes et non utilisées
Le collectif Testet préconise une meilleure exploitation des retenues d'eau déjà présentes dans la vallée. Christian Pince souligne que l'État a recensé 316 retenues capables de stocker jusqu'à 5 millions de m³ d'eau. « Une seule retenue de 20 000 m³ peut soutenir un maraîcher sur deux hectares », insiste-t-il.
Le dialogue avec les agriculteurs est essentiel, surtout en période de crise. Alexandre Lesbats indique que le collectif travaille sur des scénarios permettant d’allier irrigation et durabilité, tout en envisageant un modèle agricole adapté aux ressources en eau : « Il est crucial d’orienter nos efforts vers une agriculture qui privilégie le marché local plutôt que l’exportation, tout en étant moins gourmande en eau », conclut-il.







