62, 65 ou 67 ans ? À moins d'un an de l'élection présidentielle, la manière dont les candidats se positionnent sur l'âge légal de départ à la retraite ne manque pas de susciter des débats. Ce sujet, devenu névralgique, devrait faire l'objet de nombreuses discussions.
Les perspectives sont inquiétantes : selon un rapport en préparation du Conseil d'orientation des retraites (COR), le déficit serait en effet porté à 2,4% du PIB d'ici 2070, un chiffre alarmant par rapport aux 1,4% prévus l'année précédente. Cette prévision s’explique, entre autres, par une natalité en déclin.
Pour atteindre un équilibre financier, il serait impératif d'augmenter l'âge légal de départ à la retraite à 67 ans et demi. Mais quelle personnalité politique serait prête à porter une telle mesure, à fortiori impopulaire ?
"Un candidat doit avoir le courage de dire qu'il existe un réel problème de financement dû à des enjeux démographiques", a déclaré Yaël Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale, le 9 juin.
Alors que d'autres leviers, tels que l'augmentation des cotisations ou la taxation du capital, sont également envisagés, la question de l'âge légal ne manquera pas de faire l'objet de prises de position marquées dans cette campagne électorale marquée par des tensions sociales.
Les hésitations du Rassemblement National
Suite à la suspension de la réforme portée par Élisabeth Borne, l'âge légal de départ est actuellement fixé à 62 ans et neuf mois avec 170 trimestres de cotisation. Si aucun changement n'est voté d'ici les élections, cette réforme pourrait reprendre son cours en 2028, visant progressivement vers 64 ans et 43 ans de cotisation.
Au sein du Rassemblement National, la situation est particulièrement délicate. Le président du parti, Jordan Bardella, a récemment affirmé dans un entretien à la presse allemande que son groupe envisageait une hausse de l'âge légal. En revanche, Marine Le Pen cherche à affirmer une position claire en proposant de revenir à un âge de 62, voire 60 ans, avec 40 à 42 années de cotisation. Bardella reste insistant : "L'âge légal ne signifie rien, la vraie question réside dans la durée de cotisation."
Les visions des candidats
La proposition de supprimer complètement l’âge légal vient de Gabriel Attal, le leader du mouvement Renaissance, qui prône une plus grande liberté pour les travailleurs grâce à la prolongation de la durée de cotisation. Son rival, Édouard Philippe, s’oppose fermement à cette idée, soutenant qu'un tel système risque de nuire à l’équilibre du collectif.
Bruno Retailleau, du parti Les Républicains, plaide pour un âge de départ fixé à 65 ans. De son côté, le Parti Socialiste vise un retour à 62 ans, tout en proposant une durée de cotisation de 43 ans. Enfin, Jean-Luc Mélenchon, de La France Insoumise, maintient sa demande pour un retour à la retraite à 60 ans avec 40 ans de cotisation.
Ces divergences illustrent bien les complexités entourant cette question cruciale qui s'annonce au cœur des débats des mois à venir.







