Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, annonce une volonté claire de durcir les règles concernant l'immigration légale. Dans un entretien exclusif accordé au Journal du Dimanche, il préconise un "moratoire de trois ans sur l’immigration légale" afin de redéfinir les modalités d'entrée sur le territoire français.
Darmanin justifie cette position en affirmant que "nos capacités d’intégration et d’assimilation ont été atteintes". Il se propose d'interdire le regroupement familial pour certains titres de séjour, de conditionner l'octroi de visas à la coopération des pays d'origine pour l'exécution des Obligations de quitter le territoire français (OQTF), et d'instaurer des quotas migratoires limitatifs. "Il faudra changer la Constitution", insiste-t-il afin de mettre en place de telles spécificités.
Dans ce cadre, une réforme constitutionnelle semble inévitable. Comme l’explique RTL, le ministre souligne l'importance de traiter cette question dès la prochaine présidentielle, soulignant qu'il souhaite faire de cette problématique un enjeu central du débat politique de 2027.
Une plus grande fermeté sur les personnes visées par une OQTF
Dans ce même entretien, Gérald Darmanin exprime son soutien à Robert Ménard, le maire de Béziers, actuellement sous le feu des critiques pour avoir refusé de célébrer un mariage entre une Française et un Algérien ayant une OQTF. Il stipule que ce type de décision se fonde sur le droit administratif et non pénal, et peut concerner, par exemple, des étudiants étrangers dont le visa est expiré.
Darmanin a également fait savoir qu’il envisage des mesures renforcées pour accélérer les expulsions de personnes visées par une OQTF, notamment en facilitant leur transfert vers leur pays d'origine.
Présidentielle 2027 : Darmanin se positionne derrière Édouard Philippe
À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, Gérald Darmanin n’hésite pas à tracer les contours de son camp. Selon ses analyses, Gabriel Attal représenterait "la social-démocratie progressiste", tandis que Bruno Retailleau incarnerait "la droite conservatrice". Pour lui, Édouard Philippe est "le mieux placé" pour mener une candidature unique et évincer les risques de candidatures multiples qui pourraient fragmenter le vote.
Il conclut en indiquant qu'il n'exclut pas de se porter candidat, selon les évènements à venir : "Il va se passer beaucoup de choses d’ici un an. Je prendrai ma décision en fonction du seul intérêt de mon pays".







