Les personnels du tribunal d’Auch ont récemment adopté une motion qui met en lumière une « vindicte populaire » alimentée par un « discours politique décomplexé », attribué à des figures politiques de haut niveau. Cette inquiétude collective n’est pas isolée, alors même que l’AFP rapporte les détails d’une situation préoccupante.
Dans cette motion, les magistrats signalent que cette défiance croissante envers la justice a déjà des répercussions tangibles, notamment des insultes et des menaces graves à l'égard de la Procureure de la République. Les discussions en audience révèlent également un climat hostile, une situation regrettée par les magistrats lors de leur assemblée générale du 8 juin.
Les signataires de la motion font référence à un « discours politique décomplexé » provenant d’éminentes personnalités dans des postes de responsabilité. Ce climat de méfiance est en partie attribué aux récentes déclarations du ministre de la Justice, Gérald Darmanin, qui a évoqué les « dysfonctionnements inacceptables » des services publics, mettant en avant des possibles sanctions contre des magistrats. Le président Emmanuel Macron a également reconnu des défaillances, excluant la question des moyens manquants pour la justice comme excuse.
Les magistrats d'Auch soulignent que leur charge de travail est excessive, avec 10 000 plaintes traitées en 2025 pour seulement trois magistrats en service, au sein d'une population de 192 000 habitants.
Avant de conclure, l’assemblée a souhaité exprimer sa solidarité envers la famille de Lyhanna, en affirmant son soutien indéfectible à la Procureure de la République et à ses collègues, cherchant ainsi à rappeler l’importance des valeurs républicaines. Le principal suspect dans l’affaire, Jérôme B., avait un passé judiciaire vierge malgré plusieurs signalements antérieurs.







